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20/02/17

Sémiosphère du Commun



La sémiosphère du Commun è un progetto che si svolgerà a Ginevra presso lo spazio Utopiana che sta realizzando una realtà per condividere percorsi d'arte in forma di residenze, incontri, confronti.



CS

« Changer les signes peut changer l’ordre des choses existant. Les organismes vivants modifient leur environnement sur la base de leurs propres images de cet environnement. » Kalevi Kull
Le projet « La sémiosphère du Commun » émerge de l’espace même du Commun.
Nous avons pris connaissance qu’en 2006, le Service des bâtiments avait mandaté l’entreprise d’ingénierie – environnement – sécurité, Ecoservices SA afin de procéder à l’analyse des polluants susceptibles d’être présents dans le BAC. Parallèlement, le STEB (Service de toxicologie de L’environnement bâti du Canton de Genève) a procédé à des mesures de la qualité de l’air dans différents locaux. Sur la base de prélèvements ponctuels dans les sols et les faux plafonds, les laboratoires ont effectué des analyses concernant la présence de métaux lourds, HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et d’amiante, une pollution importante aux hydrocarbures, héritée de la période industrielle des locaux, de toutes les surfaces échantillonnées dans les sols en pavé de bois ou chape. Les HAP sont également présents et sont libérés plus ou moins intensément en fonction des variations de température. Les métaux lourds sont présents en excès de manière ponctuelle. Concernant l’amiante, les analyses ont montré la présence d’amiante dans les colles utilisées sous les pavés de bois du rez-de-chaussée et dans des plaques. L’amiante décelée est non friable et ne pose pas de problème pour la santé, tant qu’il n’y a pas d’intervention dessus. En conclusion, la maison Ecoservices considère que le site est contaminé, mais sans danger pour les occupants à moyen terme.
Dans ses activités, Utopiana s’intéresse à ces questions et aux méthodes alternatives de décontamination, ainsi en 2015 nous avons proposé à la Ville de Genève un projet in situ, comme un geste artistique interventionniste, qui aurait consisté en la décontamination partielle du sol du Commun par une action de remédiation grâce aux champignons et au phytomining.
Nous considérons cette situation comme une opportunité d’élargissement des champs de connaissance pour revenir plus profondément sur la question de l’environnement. Il s’agit de concevoir tout autrement l’idée même d’environnement (Umwelt) pour qu’il intègre différents facteurs théoriques, institutionnels, politiques et prenne en compte divers engagements pragmatiques.
La solution de ces problèmes requiert, outre la connaissance des processus écologiques, une compréhension du comportement humain, car les aspects sémiotiques des relations homme-nature sont partout d’une grande importance, et ceux-ci ne sont pas encore suffisamment pris en compte ou compris.
L’échafaudage qui s’érige depuis l‘espace du Commun se présente comme une « biosphère relationnelle » qui essaye de tisser des trames unissant les « deux cultures », les sciences humaines et les arts, d’une part, et les sciences naturelles et techniques de l’autre. Plus largement, les champs culturels et ceux qui traitent des phénomènes naturels. Considérer la culture humaine comme une sphère des processus de signes, une sémiosphère, une entité ouverte, qui influence et est influencée, et puis souligner l’importance des processus de symbiose aux frontières intérieures et extérieures de cette sémiosphère, nous permettrait de comprendre et agir dans la situation écologique actuelle. Tout comme la biosphère est nécessaire à l’existence des différentes espèces terrestres, la sémiosphère précède l’existence des sens qui la peuplent. Le Commun emboîte l’espace réel, physique et l’espace social, virtuel.
Il nous faut saisir les dynamiques analogues qui se produisent à tous les niveaux du vivant (sémiosphère, biosphère, Umwelt) pour comprendre la rupture que l’homme a mis en place dans son milieu avec la production et les accumulations des matières qui ne participent plus au recyclage d’éléments du cycle de notre écosystème.
Le concept de sémiosphère est pris dans sa capacité relationnelle pour un devenir de l’écologie de la pensée, de la subjectivité, du désir, du pouvoir, de l’affect – en un mot des modes d’existence.  (Anna Barseghian)
L’association a été fondée en 2001 par Anna Barseghian et Stefan Kristensen. Elle a organisé des projets et mis en place une structure en 2003 en Arménie (www.utopiana.am). Depuis 2010, l’association occupe une maison mise à disposition par la Ville de Genève dans laquelle elle développe ses activités et accueille des artistes en résidence.
Les activités d’Utopiana sont dirigées par Anna Barseghian en forte collaboration avec  la comité de l’association.
Anna Barseghian
Après des études d’architecture en Arménie, Anna Barseghian a continué comme artiste visuelle. Elle a obtenu un diplôme postgrade en communication visualisation infographiques à l’Université de Genève. Parallèlement à son travail en tant que directrice artistique d’Utopiana, Anna Barseghian développe un travail artistique et curatorial. Dernièrement, elle a conçu et réalisé l’événement Désir sans destin qui a eu lieu au Théâtre Saint-Gervais en collaboration avec Stefan Kristensen, la compagnie Sturmfrei de Maya Bösch, en mai 2013 à Genève.
En tant qu’artiste, elle est co-auteur de deux grands projets de recherche documentaire : Arménographie (2005-08) en collaboration avec Stefan Kristensen, et Spectrographie (2010-11), en collaboration avec Stefan Kristensen et Uriel Orlow. Le premier est un essai sur la représentation de la dispersion des Arméniens à travers des photos, des interviews vidéo et des textes, tandis que le second est une exploration de l’existence des « fantômes » dans les anciennes terres des Arméniens en Turquie orientale, à travers des vidéos et photos.
Stefan Kristensen
Stefan Kristensen est docteur en philosophie (Genève / Paris 1) depuis 2007. Il est actuellement postdoctorant à l’Unité d’histoire de l’art de l’Université de Genève et boursier de recherche de la Fondation Alexander von Humboldt, à l’Université de Heidelberg. Il a publié de nombreux articles au voisinage de l’art, de la philosophie et de la psychologie du 20e siècle. Il est cofondateur de l’association Utopiana avec Anna Barseghian et a participé activement à la conception et à l’organisation de la plupart des événements et des projets. Il mène également avec Anna Barseghian une démarche artistique centrée sur la figuration de l’absence.
Isabelle Papaloïzos
Isabelle Papaloïzos a fait des études d’histoire de l’art et de littérature américaine. Elle a travaillé au Centre pour l’image contemporaine, Saint-Gervais Genève et développe une activité curatoriale, privilégiant le travail de production avec les artistes et les interventions in situ. Elle participe à des projets artistiques et culturels dans le cadre de collaborations avec Utopiana à Genève, le CHUV à Lausanne et wonderBox pour la production de films d’artistes. Elle enseigne en atelier arts visuels en tant que théoricienne au CFPAA, Genève. Ces différentes pratiques l’ont amenée à réfléchir sur les questions de visibilité et de production de savoirs.

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